Tout l’art du latte

Tout l’art du latte

l’heure est au latte : du café avec du lait. Révolutionnaire.

On le savait, on s’y était presque habitué : passer commande dans un restaurant parisien relève de la gageure. On ne comprend pas toujours ce que dit le serveur, qui affirme sans ciller que, « aujourd’hui, on est sur un velouté d’asperge » – ce qui semble techniquement impossible. Parfois, il ajoute des formules mystérieuses et inquiétantes, telle « émulsion d’huître », dans le seul but de mettre ses clients mal à l’aise.

Dorénavant, les choses se compliquent aussi à l’heure du café. Surtout si vous avez le malheur d’aimer le boire avec du lait. Oubliez la « noisette » (un expresso avec une pointe de lait) et même le « crème » (un long avec un peu plus de lait), il faut désormais vous familiariser avec l’univers du « latte » – le « lait » en italien, à prononcer « laté », en insistant bien sur le « é » à la fin. Et à ne pas confondre avec une « latte de parquet » ou un « grand coup de latte dans les dents ».

Bien plus qu’une boisson…

Le latte n’est pas un café, oh non, c’est une expérience. Il est servi dans un « coffee bar » ou « coffee shop », nom donné aux établissements exigus à chaises inconfortables qui n’ont pas obtenu de licence IV. Vous les reconnaîtrez facilement aux panneaux en ardoise disposés sur le trottoir qui enjoignent aux passants de « keep smiling » (garder le sourire). Si cette proposition vous donne envie de shooter dans le chevalet en crachant par terre, n’allez pas plus loin, vous vous feriez du mal.

Le latte est préparé non par un « serveur », mais par un « barista ». Lequel ne parle pas bien le français, voire pas du tout. Non qu’il soit tamoul ou sri-lankais bien entendu, ici comme ailleurs, ceux-là travaillent dans l’ombre, en cuisine. Le barista est australien ou anglais, il étudie l’histoire de l’art et d’ailleurs il est lui-même artiste. Il est donc en mesure de discuter de la Fiac avec ses clients. Ce qui est tout de même plus « good vibes » (bon esprit) que d’écouter un immigré clandestin raconter son parcours pour arriver jusqu’ici (#BadTrip).

Si vous avez tenu jusque-là, félicitations. Mais n’espérez pas vous en sortir en commandant un latte avec un clin d’oeil entendu. Un latte quoi ? Un « matcha latte » ? Un « chai latte », un « soy latte », un « golden latte », un « peanut butter latte » ? Insistez pour avoir un « latte latte », histoire de ne pas vous retrouver avec des confettis de brocolis dans votre café (ça existe).

A la fin de votre épopée, vous aurez le privilège de vous délester de 4,50 euros en échange de votre latte latte. Si ce tarif vous étonne, c’est que vous n’avez pas bien regardé bien votre tasse : le barista a dessiné un ravissant motif, en général une feuille, avec la mousse du café. Quel talent !

source : lexpress.fr

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